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PISA Vol I - Excellence et équité en éducation

December 14, 2016

Pour en savoir plus sur les résultats du PISA 2015 et les préconisations qui ressortent de l'analyse.

 

Les sciences

"Et puis, à quoi ça sert d'apprendre les sciences de toute façon ?"

Est-ce que cette question fait écho chez vous aussi? Au delà d'une activité professionnelle liée aux sciences, développer ces connaissances permet à chaque citoyen de manger sain, de se tenir en bonne santé, de comprendre l'impact de nos actions sur la planète, de consommer de manière avisée, de raisonner, d'analyser un fait avant d'en tirer des conclusions, ... Quand les publicités vantent la capacité d'un dentifrice à détruire 99% des bactéries, qu'un article vante les bienfaits de l'alcool contre les maladies cardiovasculaires, c'est au destinataire du message de relever ce qui relève de la science ou du mensonge. 

 

L'évaluation PISA sur les sciences a porté sur:

- la capacité à expliquer des phénomènes de manière scientifique

- la capacité à évaluer et concevoir des investigations scientifiques

- la capacité à interpréter des données et des faits de manière scientifique

 

L'enquête permet également de mettre en évidence l'importance de la valeur qu'accordent les élèvent aux sciences, de leur intérêt et du plaisir qu'ils ont à apprendre dans ce domaine. 

 

"Le seuil minimal correspond au niveau auquel les élèves peuvent non seulement expliquer des phénomènes scientifiques bien connus en se servant de connaissances familières, mais aussi utiliser ces connaissances pour déterminer le sujet d'une expérience scientifique ou, dans des cas simples, si une conclusion est valable sur la base des résultats fournis." 

 

Sous les seuils minimaux des 3 compétences mesurées, plusieurs études longitudinales ont montré un risque très élevé de ne pas poursuivre d'études post-secondaires ou d'éprouver des difficultés sur le marché du travail. (OCDE 2010)

 

En moyenne dans l'OCDE, 79% des élèves atteignent le seuil de compétence minimal (niveau 2) et les garçons devancent sensiblement les filles. Les élèves les plus défavorisés ont 2,8 fois plus de risque que les autres de ne pas atteindre ce seuil de compétence minimal.  

 

Sur cette compétence, la France se classe 27ème. Les résultats des élèves français est restée identique à ceux de la dernière évaluation et se situent sous la moyenne de l'OCDE. La répartition suivante montre d'ailleurs que la majorité des élèves a un niveau de compétence inférieur ou égal à 4:

 

(Source OCDE, Base de données PISA 2015)

 

Bien qu'ils reconnaissent l'utilité des sciences pour leur vie d'adulte, les élèves français ont de moins en moins de plaisir à apprendre en sciences. Il est également intéressant de noter que l'efficacité perçue par nos élèves (en d'autre terme la confiance qu'ils ont en leurs capacités) a également baissé. 

 

 

Compréhension de l'écrit

En terme de compréhension de l'écrit, l'enquête PISA vise à mesurer la capacité des élèves à utiliser l'écrit dans des situations de la vie réelle.

 

"Le seuil minimal se définit comme le niveau auquel les élèves parviennent non seulement à lire des textes simples et familiers, et à les comprendre de façon littérale, mais aussi à faire preuve, même en l'absence d'indications explicites, de la capacité à relier des informations entre elles, à expliquer des relations causales au delà des informations explicites, et à établir un lien entre un texte et leurs expériences et connaissances personnelles." 

 

Dans l'OCDE, 2 élèves sur 10 n'atteignent pas le seuil minimal. Des études complémentaires ont d'ailleurs démontré que ces élèves s'exposaient à un risque de décrochage nettement plus élevé et à des difficultés d'insertion marquées dans leur vie professionnelle. Sur cette compétence, les filles devancent les garçons de manière significative même si cet écart s'est réduit depuis la précédente évaluation. 

Sur cette compétence, la France a progressé de 2 points depuis l'évaluation de 2012.

 Source: OCDE, rapport PISA 2015

 

Il est également intéressant de noter que l'inégalité face à cette compétence se creuse depuis 2009 dans l'hexagone: si le nombre d'élèves très performants (niveau 5 ou +) a augmenté, le nombre d'élèves peu performants (sous le niveau 2) a également augmenté. En d'autres termes, l'augmentation d'élèves plus performants n'est pas allé de pair avec la diminution des élèves peu performants. 

 

Mathématiques

Concernant l'évaluation des mathématiques, il s'agit ici d'évaluer la capacité des élèves à formuler, utiliser et interpréter les mathématiques dans différents contextes.

 

"Le seuil minimal de compétence se définit comme le niveau auquel les élèves peuvent non seulement réaliser une opération de routine, comme un opération arithmétique, quand ils disposent de toutes les variables, mais où ils sont également capables d'interpréter ou de déterminer comment représenter mathématiquement une situation simple."

 

En moyenne sur l'OCDE, 77% des élèves atteignent le score minimal (niveau 2) et les garçons devancent légèrement les filles sur cette compétence. Les élèves issus de milieux sociaux moins favorisé ou issus de l'immigration présentent un risque plus élevés de ne pas atteindre les seuils minimaux.

 

La France est classée 26ème en mathématiques. Comme c'est le cas en moyenne sur l'OCDE, les résultats des élèves français ont légèrement régressé. En France, cette compétence s'est dégradé de 4 points depuis la dernière évaluation. 

 

Comme le montre le graphique ci-dessous, une grande proportion des élèves se situe sous le niveau 3:

 

Réussite scolaire et équité de l'éducation

L'enquête PISA démontre une nouvelle fois que réussite scolaire et équité ne sont pas incompatible ! Selon le rapport, les systèmes d'éducation équitables sont ceux qui ne sacrifient pas l'excellence académique au profit d'inclusion et d'égalité, et inversement. En effet, dans les pays les plus performants au test PISA, on note:

- une forte scolarisation

- un faible pourcentage des élèves sous le seuil de compétence minimal

- une faible variation de la performance en fonction du statut socio économique

- un fort pourcentage des élèves issus d'environnement social, économique et culturel défavorisé qui atteignent néanmoins d'excellente performance

- une faible variation de la performance des établissements qu'ils soient situés dans un secteur favorisé ou non

Les pays qui allient le mieux performance et équité sont: le Canada, le Danemark, l'Estonie, Hong Kong et Macao.

 

Preuve que c'est possible, certains pays ont réussi à augmenter le nombre d'élèves très performants et à réduire le nombre d'élèves sous les seuils minimaux. (Macao et Portugal)

 

Le rapport souligne aussi que le revenu national tout comme la dépense par élève ne sont ni une condition ni une garantie pour une performance élevée. Pour preuve, seul un pays (Singapour) sur les 10 affichant la dépense par élève la plus élevée figure dans les 7 pays les plus performants. De plus, parmi ces 7 pays, deux ont une dépense inférieure à la moyenne de l'OCDE.

 

Le statut socio-éonomique de l'élève et de l'établissement influencent fortement les résultats de l'apprentissage. 

 

En moyenne, dans l'OCDE, il existe une forte dépendance de la performance au statut socio-économique de l'élève. Mais c'est en France et en République Tchèque que le statut a le plus d'impact sur la performance de l'élève: l'augmentation de 1 point de l'indice socio-économique entraine une augmentation de 50 points sur la performance ! (contre 38 en moyenne dans l'OCDE). On note cependant que l'équité s'est améliorée en France entre 2006 et 2015.

 

On note que dans 13 pays testés, l'impact est inférieure à 25 points.

 

L'étude amène aux préconisations suivantes: 

 

Concernant la performance des établissements, l'étude a montré que les élèves défavorisés bénéficient de la présence d'élèves favorisés dans leur classe. Et cette situation n'a pas d'impact sur la performance de ces derniers.

Au Canada, au Danemark, en Finlande, en Irlande, en Norvège et en Pologne, les établissements offrent tous la même chance de performance. Mais dans d'autres pays, il existe de forte variation entre les établissements.

Selon le rapport, une première solution consiste à réduire le nombre d'élèves défavorisés et peu performants dans ces établissements et à garantir une meilleure répartition de ceux-ci dans divers établissements.

Une 2ème solution consiste  à octroyer davantage de ressources (humaines ou matérielles) aux établissements concentrant beaucoup d'élèves peu performants et aux établissements défavorisés.

Quant aux sciences, une meilleure exposition des élèves aux activités scientifiques à l'école pourrait réduire les écarts de performance et de motivation. 

 

 

Référence:

Résultats du PISA 2015, L'excellence et l'équité dans l'éducation, Volume I

http://www.keepeek.com/Digital-Asset-Management/oecd/education/resultats-du-pisa-2015-volume-i_9789264267534-fr#page1

 

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